Dessin de Suzanne Aillot © MSH SUD
Pendant le confinement, il n’y avait que les livreurs qui travaillaient, qui prenaient des risques. La ville était à nous ! On pouvait discuter ; à la Comédie il y a des livreurs de tous les pays. On parle travail, on a des potes proches.
Maintenant on a moins de travail. Avec le confinement, plein de gens qui avant travaillaient dans la sécurité ou autre ont perdu leur travail. Avec Uber on a du travail. Pendant le Covid, on n’avait pas de problèmes avec la police. Tant qu’on ne fait pas de faute, on aide les gens, ils ne disent rien. Maintenant ça change : les règles, c’est les règles. A KFC on a une petite fenêtre spéciale pour livreurs.
Le confinement était stressant, parfois je perdais le contrôle. Mais on avait le temps de penser, faire d’autres choses, et je me suis mis à la méditation. Maintenant, je médite tous les jours, ça fait un an. L’énergie négative tu la ressens, tu fais la respiration et ça passe.
Avant le confinement, je mangeais peu de poisson, mais depuis, j’en mange beaucoup, peut-être parce que je fais du sport et que j’ai besoin de protéines. Les légumes aussi. J’ai fait plus souvent la cuisine.
(Livreur Uber Eats entre deux courses, quartier Clémenceau, 15 juin 2021).